Quand la musique règne

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Photo : Martin Savoie
13 décembre 2017

Quand la musique règne

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Photo : Martin Savoie
13 décembre 2017

PIERRE-PHILIPPE CÔTÉ | PILOU

Quand la musique règne

Rédaction : A. A. Fréchette
Photo : Martin Savoie
Graphisme : D.A. Lambert. Concept : L'ARTIS
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SAINT-ADRIEN | AVRIL 2015

Mieux connu sous le nom de Pilou, Pierre-Philippe Côté signe officiellement sa première trame sonore destinée au cinéma avec Le règne de la beauté, de Denys Arcand. Cette réussite s’inscrit sur une longue liste pour celui qui a décidé de tracer sa propre voie dans le métier.

Natif d’Asbestos, Pierre-Philippe Côté s’intéresse très tôt à la musique et s’y consacre dès l’école secondaire, puis des études supérieures lui permettent de peaufiner ses connaissances en contrebasse. « Je me suis ensuite procuré une carte de son, un micro et un ordinateur portable. J’ai commencé à faire de l’enregistrement, ce qui m’a amené à participer à des tournées avec plusieurs artistes », résume-t-il.

Lorsqu’on lui demande de raconter quelques bons coups issus de son parcours prolifique, il nomme la production du premier album de David Giguère, les tournées en tant que musicien pour Ariane Moffatt, Elisapie Isaac et Jorane, puis comme chanteur pour Maxime Morin, alias DJ Champion. « J’ai eu un groupe aussi, qui s’appelait Electric Bones. On a travaillé avec Mark Plati, le réalisateur de The Cure et de David Bowie », ajoute-t-il fièrement. Pendant quelque temps, il partage un studio, La Fournaise, avec Ben Charest, où il s’initie à la composition de trames sonores. Mais selon lui, son plus grand coup a certainement été de quitter Montréal pour se consacrer à ses propres projets.

Travailler pour soi

Débarqué à Saint-Adrien il y a quelques années, Pilou installe son studio, Le Nid, et s’attaque à différents projets de trames sonores destinées à la publicité et au téléfilm. « Pour ce type de compositions, le travail s’effectue en solitaire, observe-t-il. Seul au cœur de la forêt, mais dans un studio ultraperformant, il apprend à apprivoiser les images proposées par les cinéastes pour leur trouver un habillage sonore parfait.

Il se dévoue également à toutes sortes d’activités connexes. “Présentement, des groupes viennent enregistrer ici, et je compose de la musique pour un spectacle de théâtre qui s’intitule Je te vois me regarder”, exemplifie-t-il. Lorsque des groupes de musique se présentent chez lui, il peut agir autant comme preneur de son que comme réalisateur. “D’autres louent le studio; par exemple, Fanny Bloom est venue enregistrer son dernier album avec son propre ingénieur de son et son réalisateur”, précise-t-il.

La voix pour l’emploi

En plus d’exceller comme musicien et compositeur, le jeune artiste possède une voix unique, que le grand public a pu découvrir grâce aux albums Resistance et° 1 de DJ Champion.

En avril 2014, Pilou lance son premier EP sous le pseudonyme de Peter Henry Phillips, un nom qui fait également office de titre pour ce projet. L’accueil se révèle chaleureux un peu partout au pays et même en Europe. “J’ai composé la musique d’un téléfilm français intitulé Deux flics sur les docs. Plusieurs ont écrit aux producteurs pour savoir qui j’étais, car j’avais inséré une de mes chansons dans la trame. Ils ont ensuite pu me découvrir sur Shazam.”

Pour lui, le chant est inné. “J’ai toujours chanté. Quand j’avais cinq ans, je chantais du Whitney Houston et je tripais. J’aime les grandes voix. J’ai choisi d’étudier la contrebasse, parce que j’avais déjà une voix bien à moi et que je désirais apprendre le côté plus scientifique de la musique; les accords et l’harmonie, par exemple.”

Le règne de la beauté

Sa création pour le film de Denys Arcand nous fait également découvrir les multiples facettes de son talent. “Au début, on m’a adressé une commande très classique, mais je me suis permis de proposer à Denys des musiques avec des paroles”, raconte-t-il. Un peu plus folk et pop que prévu, la musique du film nous révèle aussi deux chansons tirées de son EP.

Une première expérience de création destinée au cinéma représente tout un défi, surtout lorsque le résultat est destiné à une œuvre de Denys Arcand. “Il est plaisant de travailler avec des gens qui possèdent beaucoup d’expérience et qui sont des encyclopédies vivantes. J’ai vraiment tripé avec Denys; on a établi un bon contact dès le début, il m’a fait confiance et ça m’a aidé”, de dire Pilou.

L’artiste travaille déjà à la composition de trames sonores pour deux nouveaux téléfilms français. Un album complet de Peter Henry Phillips, sous l’étiquette Coyote Records, est aussi prévu pour l’automne 2015.

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