L’art au quotidien

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Photo : Martin Savoie
13 décembre 2017

L’art au quotidien

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Photo : Martin Savoie
13 décembre 2017

MARC-OLIVIER FAUCHER | TEASPOON

L’art au quotidien

Rédaction : A. A. Fréchette
Photo : Martin Savoie
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VICTORIAVILLE | AVRIL 2015

Tandis que sa griffe gagne du terrain, Marc-Olivier Faucher, le créateur derrière la marque Teaspoon, continue de rallier les talents en arts visuels avec une idée toute simple : faire de l’art un mode de vie.

Passionné de snowboard et de skateboard, Marc-Olivier, alias Tiko, participe à des compétitions ici et là. L’adolescent comprend vite l’importance de la mode dans ces sports et s’intéresse surtout à son apport sur le plan identitaire. « Il faut toujours dénicher une nouvelle façon d’intégrer la mode, les vêtements, différemment des autres. Souvent, je ne trouvais pas ce que je recherchais dans l’offre des compagnies existantes.

Je devais personnaliser mes vêtements. C’est là que tout commence pour Teaspoon », raconte-t-il.

Le jeune Marc-Olivier se fait vite remarquer par ses pairs. « Je ne savais pas que j’en ferais un métier, car je devais avoir 14 ans, à ce moment-là. Mais le mouvement est né. »

Étudiant par la suite au baccalauréat en design graphique, il s’inscrit à un cours complémentaire en sérigraphie, et le coup de foudre est instantané. « Je me suis dit que je pourrais imprimer mes t-shirts et démarrer ma petite entreprise. » Alors qu’il travaille comme barman au Cactus, il écoule ses premières pièces. La demande devient importante et il finit par s’y consacrer entièrement.

Une philosophie

Le plaisir qu’il met à l’ouvrage est communicatif et il le partage rapidement avec d’autres créateurs. « J’aime le dessin, la peinture, la photographie et même la vidéo. Teaspoon constitue donc une plateforme où tous peuvent travailler sous un même emblème », explique-t-il. En invitant des artistes émergents à collaborer avec lui, il leur permet d’obtenir un petit revenu lié à leur projet. « Pour certains artistes, vendre des toiles s’avère difficile. Sur un t-shirt, leurs œuvres sont diffusées plus facilement. »

La philosophie de Teaspoon se base principalement sur cet esprit de collaboration. La cuillère à thé constitue le symbole de l’apport de tout un chacun à un ensemble plus grand, qu’il fait bon brasser en groupe. En agissant à titre de directeur artistique, Tiko s’assure que sa marque est respectée et que les résultats ont un brin de magie en commun.

Un style

Originalité, nouveauté et classique demeurent les mots d’ordre chez Teaspoon. « Il faut aussi penser à long terme, afin que nos produits ne soient pas la saveur du mois. On tente, malgré notre désir de se distinguer, d’être sobre dans nos couleurs », commente-t-il. Concrètement, les influences de l’étiquette proviennent en partie du street art, et ce, non pas dans la typographie, mais plutôt dans les dessins. « Il y a le côté trash de cet art qui m’intéresse, mais toujours avec une dose de classique, pour obtenir le bon équilibre. »

Provoquer une réaction chez les gens reste un des buts avoués de sa démarche. Toutefois, la réaction recherchée ne doit pas être gratuite, mais doit plutôt mener l’observateur vers une réflexion sur l’art en général et sur la mode. « Il ne faut pas dessiner juste pour dessiner. C’est le fun quand le design donne le goût de connaître l’histoire qui se cache derrière. » Il ajoute que Teaspoon se veut aussi un lieu pour prendre part à l’actualité et y réagir en images.

Pour qui?

On pourrait croire que les vêtements signés Teaspoon s’adressent exclusivement aux gens qui gravitent autour de l’univers des planchistes, mais ce n’est pas le cas. De fait, Marc-Olivier propose aussi des collections pour les enfants et signale que sa propre grand-mère porte de ses vêtements. « Bien entendu, on rejoint principalement les 14 à 35 ans. Toutefois, à Victoriaville, la clientèle est plus large qu’ailleurs », dit celui qui dirige aussi des boutiques à Québec et Trois-Rivières.

La demande se montre grandissante, et plus son entreprise prend de l’expansion, plus la production devient artisanale. Tiko compte à présent sur l’aide d’une couturière à temps plein pour créer les nouveaux modèles.

La brigade

Marc-Olivier fait aussi dans l’événementiel, ce qui alimente une vie sociale bien active autour de Teaspoon. « C’est comme une équipe de skate sans en être une, croit-il. Oui, il y a des skateurs et des surfeurs avec nous, mais il y a aussi des artistes et des musiciens qui font partie de la Spoon Brigade. » Le groupe se promène d’un événement à l’autre et véhicule la marque un peu partout à travers le monde. « On aime cette idée de mouvement et de vente itinérante. On organise des événements et on crée des boutiques éphémères. Ça diffère du quotidien, où on se rend dans des boutiques où tout est classé par couleur pour être vendu. Nous, on préfère intégrer ça au lifestyle. On offre une expérience et non un simple produit », de dire le designer.

Pour aviver cette sensation de vivre un moment unique, il propose toujours des morceaux en quantité limitée. Tous les vêtements sont d’ailleurs numérotés. Les tirages limités, plus courants en haute couture, constituent pour lui une réappropriation d’une pratique habituellement réservée à l’élite au bénéfice du plus grand nombre, et surtout, des jeunes.

Le site teaspooner.com publie toujours ses nouveautés. Un tour à la boutique de la rue Saint-Jean-Baptiste, à Victoriaville, permet aussi de découvrir les œuvres de plusieurs artistes de la région. Tiko annonce que le Festival de la chemise hawaïenne y sera de retour cet été, de même que plusieurs autres activités. Autant de moments propices pour des rencontres artistiquement fécondes.

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