Douce mélancolie

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Photo : David Fallu
12 décembre 2020

Douce mélancolie

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Photo : David Fallu
12 décembre 2020

CHARLOTTE BROUSSEAU

Douce mélancolie

Rédaction : Léa Villalba
Photo : David Fallu
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QUÉBEC | DÉCEMBRE 2020

À 32 ans, Charlotte Brousseau sort son premier mini album « Boucles ». Inspirée par Joni Mitchell, Joan Baez ou encore Klo Pelgag, Tire le Coyote et Laurence Anne, l’autrice-compositrice-interprète nous plonge dans un univers sensible et mélancolique. Rencontre.

Parle-moi de ton lien avec la musique

J’aime depuis longtemps chanter et pianoter, mais c’est assez récemment que j’ai vraiment mis de l’énergie là-dedans. J’ai acheté ma première guitare à 20 ans, quand j’ai déménagé à Montréal pour mes études. Je vivais seule dans une petite chambre en résidence, je ne connaissais presque personne en ville à mon arrivée donc j’ai commencé à apprendre à jouer par moi-même.

Qu’est-ce qui t’a donné le goût de t’investir davantage dans la musique ?

Pendant mon bac en cinéma, je rencontrais beaucoup de musiciens, je chantais avec du monde, sur scène dans des bars à Montréal ou lors de petits événements. On dirait que la musique a pris sa place toute seule, au fil des rencontres. J’ai eu beaucoup de périodes de réflexion et d’introspection aussi et un jour, je me suis dit que je voulais faire ça de ma vie. Après ça, j’ai découvert l’École nationale de la chanson de Granby, c’est comme si ça m’appelait !

As-tu toujours été intéressée par l’écriture et la composition ?

Non pas vraiment. Avant de voir que l’École existait, j’essayais des choses sur la guitare, sur le piano, mais j’aimais surtout le travail d’interprète. Je reprenais des chansons que j’aimais. Pour rentrer à l’École, il fallait 2-3 chansons originales en Français alors je me suis lancée et j’ai découvert que j’en étais capable !

As-tu voulu produire ton 1er mini album immédiatement après la fin de l’École ?

J’ai d’abord pris un temps pour choisir où m’installer. Je venais de vivre 9 ans à Montréal, j’avais déménagé à Granby pour les études puis je suis née et j’ai vécu tout le reste de ma vie à Québec. Je ne savais pas trop où aller… Finalement, ça a été un retour aux sources. Une fois installée à Québec, je me suis plongée dans mon mini album qui aborde d’ailleurs tous les cheminements par lesquels je suis passé ces dernières années.

Pour « Boucles », as-tu été aidé ? Si oui, par qui ?

J’ai écrit les textes pendant l’école, mais par la suite je les ai retravaillés, notamment avec Jacques Lessard, ancien professeur de mise en scène au Conservatoire d’art dramatique de Québec. Il est dans ma vie depuis longtemps, c’est un oncle, un ami, un mentor pour moi. Il m’a aidé sur l’interprétation et m’a poussé à aller plus loin dans mon écriture. Puis aussi, il y a eu Jean-Etienne Collin Marcoux, cofondateur du Pantoum à Québec qui m’a beaucoup soutenu. Il m’a poussé à sortir « Boucles » plus rapidement que ce que j’avais en tête et l’a coréalisé avec moi. Le fait d’avoir un appui extérieur, de ne pas être toute seule et d’être entourée de gens qui s’y connaissent, ça m’a encadré et motivé encore plus. Sinon j’aurais peut-être attendu plus longtemps avant de me lancer.

D’ailleurs, peux-tu m’en dire plus, qu’est-ce qui t’inspire pour écrire ?

J’observe beaucoup les détails, les gens, la nature… Parfois, ces simples observations du quotidien me permettent d’entrer à l’intérieur de moi, de faire une introspection et de dénicher les émotions que je vis. Et c’est ce que je veux exprimer aux gens. Alors j’y mets des mots pour rendre tout ça poétique ou pour en créer une histoire.

Et quel est ton processus pour composer la musique ?

La plupart du temps, je compose la musique avant de trouver les paroles. J’ai beaucoup d’idées de mélodies qui surviennent dans ma tête, parfois pendant une promenade ou sous la douche (rires) ! J’essaie de m’en souvenir ou de m’enregistrer rapidement quand elles apparaissent puis ensuite, je développe, j’improvise, je joue sur la guitare ou le piano intuitivement. Un accord me plaît puis après j’explore, en mode essai-erreur. Et j’y ajoute certaines notions plus théoriques que j’ai apprises.

Tes 4 premiers titres sont très mélancoliques. Est-ce que c’est quelque chose que tu cherches à créer ?

Je suis à la fois quelqu’un de très positif, mais aussi d’assez mélancolique. J’ai de la facilité à partager mes émotions donc je n’ai pas peur d’aller dans la tristesse par exemple même si je ne veux pas qu’elle prenne toute la place. La musique m’apaise et j’aimerais qu’elle fasse du bien aux gens. Je cherche à faire de la musique pas trop down, pas déprimante, mais qui peut toucher les gens et les faire réfléchir. Moi, ce que j’aime quand j’écoute de la musique, c’est que ça me provoque des frissons, alors j’essaie d’aller dans des zones mélodiques qui vont le faire au public.

« Boucles » est sorti le 30 octobre dernier sur toutes les plateformes numériques. Comment a-t-il été reçu ?

J’ai eu un retour vraiment positif, j’ai été agréablement surprise de l’ampleur de tout ça. Ça a voyagé rapidement et aujourd’hui plusieurs personnes que je ne connais pas du tout me suivent, c’est super le fun et très motivant ! Plusieurs chaines de radio diffusent mes chansons, ça me touche énormément.

Quels sont tes projets futurs ?

Je compte d’abord prendre du recul sur tout ça, puis me remettre ensuite à l’écriture. J’aimerais aussi prévoir des spectacles et trouver une équipe et un band pour m’entourer. Sinon, au niveau musical, c’est sur que j’aimerais pouvoir collaborer avec des artistes et me laisser amener dans d’autres univers. Puis, je vais continuer à explorer, essayer toutes sortes de choses en espérant pouvoir partager rapidement avec le public !

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