De cuivre et d’extraterrestres

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Photo : Martin Savoie
13 décembre 2017

De cuivre et d’extraterrestres

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Photo : Martin Savoie
13 décembre 2017

OLIVIER MARTINEAU

De cuivre et d’extraterrestres

Rédaction : A. A. Fréchette
Photo : Martin Savoie
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MONTRÉAL | AVRIL 2015

Avez-vous déjà entendu parler d’Olivier Martineau? Qu’est-il? Un sculpteur? Un peintre? Un designer? « Je fais ce qui me tente », répond-il simplement. Mais si son esprit créateur vagabonde de tous les côtés, comme il le laisse entendre, rien n’est vraiment fortuit dans son œuvre.

« Mon travail concerne plus les sentiments que les idées, commence-t-il. Je dois éprouver le sentiment de faire quelque chose plutôt que d’avoir l’idée de le réaliser. Je dois sentir ce qui va me pousser à créer. » Selon lui, cette nuance s’avère importante, car palpable dans ses œuvres, où la sensation prend le pas sur la motivation.

Cet instinct est celui-là même qui l’a guidé vers le monde des arts. « À 23 ans, j’ai eu le choix de tourner à gauche ou à droite, et j’ai choisi cette voie. » Cette décision n’est pas l’effet du hasard, puisqu’adolescent, Olivier possède déjà son propre atelier, dans son placard. La passion naît toujours quelque part.

Une rencontre féconde

Au départ, Olivier déconstruit d’anciennes granges, récupère le bois et crée des meubles. « J’ai fait une exposition à Montréal. J’ai rencontré Gilles Gagné, aujourd’hui un grand ami. Il m’a un jour proposé de participer à une émission de télé, à Québec. J’avais apporté un tableau, que le producteur a acheté », raconte-t-il. C’est aussi lors de cet événement charnière qu’il rencontre le directeur du Château Frontenac, Robert Mercure.

À ce moment, Olivier possède déjà sa propre entreprise de production d’événements culturels avec Claude Lessard : Unis Vert L’Art. Robert Mercure leur propose un espace d’exposition au Château. « On a réalisé un premier événement. Puis ils ont décidé de nous offrir le toit de cuivre, en réfection, pour en faire des œuvres. » Ainsi se dessine le projet Château Allant Vert, qui permet à une trentaine d’artistes de créer à partir de sept tonnes de cuivre récupéré. Un livre d’art, Le conte du Château de Bic, écrit par Gilles Vigneault et dont Olivier a assumé la direction artistique, émerge aussi de ce projet. Le tout est présenté au Château en 2013.

Réutiliser

Olivier Martineau ne voit aucune limite dans le choix des matériaux qu’il utilise pour ses œuvres, peintes ou sculptées. Redonner une vie à des matériaux qui ont déjà un bagage l’intéresse depuis toujours : « Tous ces objets ont une énergie qui vient de leur passé. Même nous, nous ne sommes faits que d’éléments. Nous portons le poids de notre passé. Si on laisse ces éléments parler, on apprend beaucoup », soutient-il.

Bob Décibel

Tout récemment paraissait le roman de science-fiction Bob Décibel, illustré par Olivier. « L’idée provient de mon associé, Claude Lessard. Il s’est rendu à Prague pour écrire un space opera. Une fois de retour, il m’a demandé de créer des extraterrestres pour l’illustrer. » Pendant deux ans, Olivier conçoit les dix-sept extraterrestres présentés à la fin de l’ouvrage. « Créer des personnages issus de la tête de quelqu’un d’autre constitue tout un défi. Nous devions rejoindre le même channel, et ce, sans que j’aie lu le livre », explique-t-il.

Sur la couverture apparaît une sculpture d’un des personnages, reproduite en anaglyphe. Toutes les œuvres présentes à l’intérieur du livre s’avèrent, en réalité, des peintures de grand format imprimées sur du métal recyclé. D’ailleurs, une exposition sera présentée cet été à Montréal. « On fait un vrai space opera avec, pour premier acte, une trame sonore qui transmet l’imaginaire de chaque civilisation du récit », de dire l’artiste. Ses œuvres picturales seront donc présentées simultanément à une installation sonore.

Martineau et Lessard signent aussi la composition musicale de l’événement. « On a construit un studio avec un vaisseau spatial. On sent les personnages que nous avons créés, puis on fait tout ce qui nous plaît à partir de ça. » Pour lui, qui aime transgresser les frontières des médiums et des genres, ce projet représente un véritable terrain de jeux. « Bob Décibel, ça concerne la littérature, la sculpture, la peinture et l’art sonore. On touche à tout là-dedans, car on conçoit le livre et on l’édite nous-mêmes. »

Claude Lessard travaille déjà à la rédaction d’une suite, ce qui annonce encore beaucoup de travail pour Olivier. Et il s’en réjouit, puisque ce projet est pour lui synonyme de liberté créative.

« Il s’agit d’une œuvre honnête. On la réalise avec notre cœur et les moyens dont nous disposons, c’est-à-dire presque rien. »

Vers l’infini

Disposant d’un atelier à la campagne, Olivier souhaite, dans sa pratique future, intégrer davantage la nature, soit en l’utilisant pour faire vieillir ses œuvres, soit en conviant certains de ses éléments dans leur composition. « J’adore laisser place à de nouvelles choses sans me restreindre. Au début, je travaillais le bois. Il y a ensuite eu le métal. Aujourd’hui, il y a le plexiglas, les miroirs, le plastique recyclé et même les huîtres que je mange au restaurant. Je laisse entrer tout ce qui vient à moi, sans aucune limite », conclut-il. Selon lui, l’œuvre doit constituer le reflet de soi-même pour être vraie.

Pour en savoir plus sur le travail d’Olivier Martineau, une visite à oliviermartineau.ca s’impose. Des exemplaires de Bob Décibel sont en vente à bobdecibel.com. À cette même adresse, on découvre aussi des reproductions des œuvres présentées dans le livre et imprimées sur d’anciennes tapisseries du Château Frontenac. Comme quoi tout est lié…

http://www.oliviermartineau.ca

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