« Chaque fois qu’on peint un portait, on crée un peu un autoportrait. »

gebe
Photo : Josée Houle
5 février 2020

« Chaque fois qu’on peint un portait, on crée un peu un autoportrait. »

gebe
Photo : Josée Houle
5 février 2020

Mathieu laca

« Chaque fois qu’on peint un portait, on crée un peu un autoportrait. »

Rédaction : Léa Villalba
Photo : Josée Houle
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LAVAL | FÉVRIER 2020

Cela fait maintenant 20 ans que Mathieu Laca vit de sa passion : la peinture. De nature timide et plutôt renfermée, il a trouvé une voie d’expression lorsqu’on lui a mis des fusains et des couleurs entre les mains. Depuis, il suit le cours de son imagination et crée quotidiennement des œuvres, qu’il expose et qu’il vend dans le monde entier.
  • Quand a commencé cette aventure ?

J’ai découvert l’art à l’école secondaire, notamment grâce à deux professeurs qui ont décelé mon potentiel. Ils m’ont permis de faire ma première exposition à la maison des arts de Laval, en 1999. J’ai alors découvert que c’est ça que je voulais faire de ma vie.

  • Comment as-tu fait pour en vivre ?

Pendant quelques années après mon bac, j’ai vraiment travaillé sur ma peinture pour trouver ma voie, et ça m’a pris un certain temps. Mon travail a évolué, j’ai trouvé une belle maturité avec plus de nuances et un style plus personnel. Ensuite, j’ai commencé à exposer dans des festivals, dans des galeries puis à vendre mes tableaux.

  • Vends-tu seulement au Canada ?

C’est sûr que les gens me connaissent davantage ici, mais avec internet, on me suit de partout dans le monde, il n’y a plus de frontières. J’ai déjà vendu en Europe, aux Philippines et même en Chine.

  • Tu te spécialises dans les portraits de personnes célèbres. Comment tu choisis tes sujets ?

Ce sont toujours des gens que j’admire, qui représentent quelque chose pour moi, le plus souvent des auteurs, des philosophes, des artistes. J’ai envie de peindre leur visage pour leur rendre hommage, mais aussi leur donner un côté plus sale, plus monstrueux. Donc c’est un hommage à double tranchant ! (rires) Puis quand je peins leur portrait, j’ai l’impression d’aspirer un peu de leur substance, de leur génie.

  • Comment t’y prends-tu pour créer un portrait à ton style ?

J’aime bien faire un clin d’œil subtil au travail de la personne que je peins, par exemple en incorporant l’atmosphère que l’on trouve dans leurs œuvres. Quand j’ai peint Michel Tremblay, il était évident pour moi qu’il devait être de face, car il n’y a pas de faux fuyant dans sa littérature. Pour Samuel Beckett, j’ai joué avec le côté gris, comme s’il était absorbé par le fond, comme un monument en noir et blanc, presque dissous dans la surface de la toile. Ça colle avec son œuvre et donne un côté existentialiste au portrait.

  • Tu travailles sur quoi en ce moment ?

Je prépare une exposition à la galerie Orange à Ottawa qui commence en juin. Le thème est Van Gogh. Je trouve que le personnage est très intéressant parce qu’il symbolise un vrai paradoxe entre ses œuvres colorées, merveilleuses et sa vie merdique. Donc c’est fascinant de le représenter. Je vais faire plusieurs portraits de lui, mais aussi réinterpréter certains de ses œuvres avec une touche contemporaine. Par exemple, je vais ajouter des écouteurs à son célèbre Autoportrait à l’oreille bandée ou encore incorporer un cellulaire dans le tableau Les Tournesols. J’adore son œuvre, mais je trouve qu’il y a une surenchère en ce moment sur son parcours alors j’ai envie d’y glisser un côté ludique.

  • Après 20 ans, est-ce que ça t’arrive d’être en panne d’inspiration ?

J’ai toujours des idées, des nouvelles choses que je veux explorer, que ce soit au niveau de la technique ou des sujets. On dirait que la création, ça s’auto-engendre dans le sens où tu crées une première chose puis finalement ça va t’amener ailleurs, te faire penser à autre chose, etc. Puis quand j’ai des commandes, ça me pousse à aller dans des directions auxquelles je n’aurai pas pensé. Ça m’alimente. J’ai aucun problème à trouver des idées, la difficulté, c’est de savoir lesquelles suivre.

  • As-tu une toile que tu préfères ?

Non ! C’est un peu comme demander à une mère qui est son enfant préféré ! (rires) Mes peintures ont toutes leurs vies propres. Certains résonnent davantage selon les gens qui les regardent. Et d’ailleurs, qui dit que je suis le meilleur juge ?

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